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Afrik :
Pouvez-vous vous permettre d’appliquer une politique répressive
(notamment envers les touristes qui descendent dans les grands hôtels)
alors même que vous tentez de relancer le tourisme sur l’île ?
Roger Mahazoasy : Il ne faut pas oublier que le tourisme
sexuel ne constitue pas notre fer de lance, donc si c’est nécessaire, à
la suite des avertissements, nous devons appliquer les réglementations
en vigueur. Si les délits sont prévus par les textes, les sanctions sont
appliquées à la lettre.
Afrik : Quelle est la législation en vigueur
concernant le tourisme sexuel ?
Roger Mahazoasy : Concernant le tourisme sexuel
proprement dit, il n’existe pas de textes ou ceux-ci restent flous, mais
la loi (code pénal) condamne le proxénétisme, la pédophilie et surtout
l’exploitation sexuelle des enfants qui est sévèrement punie par la loi.
On peut mentionner aussi les conventions pour les droits des enfants
dont Madagascar est signataire.
Afrik : Peut-on parler de tourisme sexuel
« organisé » à Madagascar ? Des réseaux ont-ils été mis à jour ?
Roger Mahazoasy : Oui et non, en
naviguant sur Internet on peut dénicher des sites mentionnant
l’existence de ce(s) réseau(s) mais jusqu’à ce jour on n’arrive pas à
avoir des preuves tangibles sur le terrain.
Afrik : Y-a-t-il des chiffres concernant le
tourisme sexuel sur l’île ? Si votre ministère décide d’affronter le
problème c’est qu’il doit être assez important.
Roger Mahazoasy : Les chiffres
officiels n’existent pas encore mais, d’après les bruits qui courent,
cette menace est devenue une réalité. Donc, pour entraver sa croissance,
on doit agir tout de suite et montrer aux touristes que la destination
Madagascar est une destination saine. Une étude sur l’exploitation
sexuelle des enfants a été menée par l’Unicef et le Bit-Ipec mais les
chiffres ne sont pas encore publiés.
Afrik : Où se concentre le tourisme sexuel sur
l’île ?
Roger Mahazoasy : D’après les
informations reçues auprès de nos représentants, c’est surtout sur les
sites balnéaires que l’on rencontre les fanatiques de cette pratique,
mais aussi dans d’autres régions où la pratique est favorisée par les
rites, les coutumes et la pauvreté.
Afrik : Le
tourisme sexuel à Madagascar concernerait les Occidentaux mais aussi des
ressortissants de pays plus proches comme La Réunion et même des
nationaux. Est-ce exact ?
Roger Mahazoasy : Comme partout dans le monde, ce sont les étrangers qui
sont les plus visibles et ce sont eux les organisateurs du tourisme
sexuel via les sites Internet.
Afrik :
Certains évoquent des voyages sexuels organisés depuis l’Europe vers
Madagascar, êtes-vous au courant ?
Roger Mahazoasy : C’est toujours d’après les rumeurs
que nous avons pris connaissance de cela. Nous n’avons toujours pas de
preuves irréfutables, mais les ministères de la Justice, de la Sécurité
publique, des Provinces et du Tourisme collaborent pour aboutir à un
résultat.
Afrik :
Jusqu’à présent, Madagascar a-t-il lutté efficacement contre le tourisme
sexuel ?
Roger Mahazoasy : L’île a déjà lutté contre ce fléau, mais dans une
ampleur moindre qu’aujourd’hui. Dans la phase actuelle de relance du
tourisme, cette lutte a été amplifiée et mieux structurée. La phase
d’élaboration du plan national figure en bonne place dans nos actions
futures. |