Toutes les ethnies de Madagascar
Ethnies
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Véritable casse-tête ethnologique, le mystère du peuplement de Madagascar est encore aujourd’hui une véritable énigme. Les populations des Hautes Terres sont concentrées dans le centre riche et fertile de la Grande Ile. Merina, Betsileo, Sihanaka, Bezanozano, Tanala et Zafimaniry sont les six ethnies qui composent cette population. Aujourd’hui encore, l’histoire des Merina est la mieux connue car elle commença d’être étudiée dès la seconde moitié du siècle dernier. Le point commun entre ces six ethnies est le refus de rompre avec le passé et les tombeaux sont partout présents, au cœur des villages, non loin des maisons ou isolés dans la nature, sur des collines. Ils sont le lien entre deux mondes : celui des vivants et celui des morts. Entretenus, souvent décorés et sculptés, parfois entourés de murs et de jardins, certains sont de véritables œuvres d’art issues du culte des morts. Propre aux hautes terres, la plus célèbre des traditions populaires est sans doute celle des hira gasy ou arts malgaches. Depuis plusieurs siècles, les comédiens et artistes de ce théâtre rural, vêtus d’une redingote rouge et d’un grand canotier pour les hommes, de longues robes et ombrelles colorées pour les femmes, sillonnent les hauts plateaux de Madagascar pendant la saison sèche et se produisent dans villes et villages pour le plus grand bonheur de tout un peuple. Créé par le grand roi Andrianampoinimerina et perpétué par d’autres souverains et reines, l’hira gasy a joué un rôle primordial dans la communication entre les peuples et les rois, avant de devenir un rituel immuable au fil des siècles
Antaifasy (Ceux qui vivent sur le sable) Capitale Farafangana (lieu où se termine le Canal des Pangalanes en allant du Nord au Sud).
Antaimoro. (Ceux des rivages) Ils seraient les descendants des navigateurs et commerçants arabes venus
chercher vivres et marchandises sur la côte Est de Madagascar, dès le VIIème
siècle.
Les Antemoro conservent encore des manuscrits du Coran et de grands livres
appelés Sorabe qui signifie Grande et Sainte écriture, dans lesquels sont
réunis les formules magiques arabes, à vocation médicale, les sortilèges ainsi
que les histoires des différents clans Antemoro.
Ce peuple cultivé connut très tôt l’écriture arabe, l’art divinatoire et
l’astrologie. Le papier Antemoro, de couleur blanche écrue, réalisé
entièrement à la main et séché à l’air libre continue d’être fabriqué de nos
jours. Cependant il n’a plus qu’une valeur décorative, alors qu’il était
essentiel et recherché par les lettrés de l’époque.
Ce papier épais et granuleux, composé de fibres végétales et incrusté de fleurs
séchées représentant des bouquets le plus souvent, couvre reliures, papiers à
lettres, abats jours et tapisseries
Antaisaka
(Ceux qui viennent des Sakalava)
Très tôt, ils s’installèrent sur la côte Est de Madagascar pour fournir des
travailleurs temporaires dans les régions où la main-d’œuvre faisait cruellement
défaut.
C’est le prince Sakalava Andriamandresi qui s’installa, voilà plusieurs
siècles sur les bord de la Mananara et donna naissance à l’ethnie Antesaka. Ce
peuple Antesaka, de renommée guerrière, donna du fil à retordre à plusieurs
envahisseurs venus tenter de les conquérir et notamment à la Reine Ranavalona
1ère qui envoya près de 10 000 soldats au XIXème siècle pour les dominer
Antakarana
(Ceux qui peuplent la montagne rocheuse)
A l’extrême
Nord, d’Ambilobe au Cap d’Ambre, les Antakarana ou
sont établis dans le massif de l’Antakarana, dans la région
d’Antsiranana.
Ayant subi de nombreuses invasions et colonisations, ce peuple est aujourd’hui
très métissé et constitué de peu d’individus. Leurs origines : Les Antakarana
seraient originaires d’une branche Sakalava qui aurait occupé l’extrême Nord de
la Grande Ile au XVIIème siècle. Le fondateur du royaume Antakarana,
Andriantsirotso serait descendant du Prince Sakalava Kozobe. Le massif de
l’Antakarana, comprenant de nombreuses grottes et Tsingy ou pics rocheux
calcaires, aurait servi de refuge providentiel au peuple Antakarana lors des
nombreuses guerres et sièges qui ont secoué cette région de Madagascar. Ce
massif est également un lieu de repos éternel pour les premiers rois de la
région et abrite leurs sépultures
Antandroy (Ceux des épines ) Comme leur nom l’indique, peuplent la région la plus sèche, donc la plus pauvre de Madagascar. Dotés d’un caractère dur forgé par une terre rude, ils sont actuellement les descendants de valeureux guerriers et leur courage demeure légendaire.
Antanosy
(Ceux de l’île) Ce peuple est centré autour
de la ville de Tolagnaro, anciennement appelée Fort
Dauphin par les colons français venus s’installer dans cette région. Par la
suite, cette oasis de fraîcheur, située à la croisée des montagnes, du désert et
de l’Océan Indien, ne cessa plus d’être fréquentée que par pirates et marins qui
marquèrent profondément son histoire.
Sous la domination Merina, vers 1845, beaucoup d’Antanosy émigrèrent sur la côte
Ouest de Madagascar, où ils sont encore présents aujourd’hui, notamment sur les
rives du fleuve Onilahy.Certains sont marins où pêcheurs, d’autres encore
pratiquent la riziculture et l’élevage ou sont encore forgerons.
Bara (Ethnie
composée de pasteurs nomades )
Passée la porte du Sud, on pénètre en
territoire Bara , une sorte de no man’s land reculé et
pratiquement désertique, une grande prairie ponctuée de palmiers Satrana.
Les grands et forts Bara sont une ethnie composée de pasteurs nomades qui
parcourent les grands espaces à la tête d’immenses troupeaux de zébus, symbole
de richesse et fierté de tout un peuple. Le vol de bétail, encore d’actualité,
est une tradition ancestrale. Acte glorieux et courageux, plein de séduction,
par lequel, le Dahalo (voleur de bétail) prouve sa bravoure et ainsi
reçoit les faveurs des belles demoiselles Bara. Dès leur plus jeune âge, les
Bara sont initiés au rodéo ainsi qu’à la lutte à mains nues appelée Ringa.
Ces manifestations sont l’occasion de réunir la population nomade Bara.
Autrefois le ringa, sport spectaculaire, constituait un entraînement physique au
combat.
Ces fêtes sont accompagnées de musique et de la curieuse danse du Papango,
au cours de laquelle un homme juché sur un poteau de bois mime l’envol d’un
oiseau de proie
Betsileo (Les nombreux invincibles) L'histoire du peuple Betsileo est, comme leur nom l’indique, une histoire de conquêtes. Dès le début du deuxième millénaire, les ancêtres des Betsileo arrivèrent des côtes Sud-est de Madagascar. Le récit du peuple. Dans la culture locale subsistent des traces d’origines arabes et indonésiennes. Leur région est située plus au Sud de l’Imerina et lorsque la puissance des souverains Merina s’est affirmée, au début du XIXème siècle, les Betsileo qui avaient longtemps lutté contre la domination de leurs voisins, ont cédé face aux assauts des armées Merina et l’un après l’autre, les rois du Betsileo ont prêté allégeance.
Betsimisaraka
(Nombreux inséparables) Situés entre Mananjary et Vohémar ils forment le groupe le plus important de la
côte Est de Madagascar. Ce pays est celui des grandes pluies tropicales, de la
forêt dense et de la végétation luxuriante. Ce peuple joyeux aime la danse
collective caractérisée par un balancement des hanches et une lenteur dans le
rythme qui rappellent les danses polynésiennes.
La nature généreuse qui les entoure se retrouve dans leur expression corporelle
douce et chaleureuse, accompagnée par une flûte, un tambour, un accordéon ou un
bandonéon, héritages d’une colonisation passée. L’origine de l’histoire des
Betsimisaraka se situe vers 1720, lorsque Ratsimilaho, fils naturel du
pirate Thomas White réussit à soulever les Antavaratra et à s’emparer de
Fénérive qui signifie Où il y a mille guerriers .
Il se fit alors proclamer roi par ses guerriers et son peuple prit le nom de
Betsimisaraka. Ils élirent domicile sur cette côte Est de Madagascar, entre
l’Océan Indien et le canal des Pangalanes. Sur cette même côte, de nombreux
comptoirs de commerce furent établis par des étrangers et les populations
locales se mirent à cultiver poivre, vanille, café, girofle et fruits qu’ils
destinèrent à l’exportation
Bezanozzano
(Les nombreux qui ont de petites tresses)
Le nom de ce peuple provient de leurs coiffures originales et désignait de petites
brindilles.
Leur royaume s’étendait, avant la domination Merina du roi Andrianampoinimerina
jusqu’au village d’Ambatomanga. Aujourd’hui, la population Bezanozano vit dans
la vallée du fleuve Mangoro, la région de l’Ankay et à proximité de la ville de
Moramanga. Tout comme les autres habitants des hautes terres, ils vivaient dans
des villages fortifiés, situés au sommet des plus hautes collines. Autrefois,
les Bezanozano étaient spécialisés dans le transport de marchandises, à dos
d’hommes entre la capitale et la côte Est de Madagascar.
Merina (Ceux du pays élevé) Ils occupent la région d’Antananarivo, appelée Imerina. On pense qu’ils ont gagné les Hautes Terres après leur arrivée à Madagascar vers le Xe siècle en provenance d’Indonésie ou de Malaisie. Ils s’installèrent tout d’abord par petits groupes à proximité des vallées de l’Ikopa et de la Sisaony, dans des villages fortifiés. Selon la tradition, le berceau du peuple Merina se situerait autour des localités d’Ampandrana et d’Imerimanjaka où vécut la Reine Rangita. Ce n’est que plus tard, sous le règne d’Andrianjaka, qu’Antananarivo devint capitale du royaume. Le nom d’Imerina fut prononcé la première fois vers la fin du XVIe siècle par le roi Ralambo (1575-1610), qui baptisa son royaume “Imerina Ambaniandro” (le pays élevé sous le soleil).
Sakalava (Ceux de la longue plaine) Toute la région Ouest de Madagascar est principalement habitée par le peuple Sakalava. A l’origine, ces populations étaient de tradition pastorale et nomade, aujourd’hui leurs styles de vie se sont diversifiés et certains Sakalava se sont détournés de l’élevage. Leur nom que l’on traduit par signifie en réalité Le long pays de Saka . La province d’Isaka (d’où vient le mot Saka) est située sur la côte Sud-est de la Grande Ile, d’où étaient issues les principales familles Sakalava, avant leurs migrations successives et leur établissement dans l’Ouest de Madagascar.
Sihanaka (Ceux
qui errent autour des marais)
Ce groupe occupe la région du “Lac Alaotra” au
Nord-est de l’ancien royaume Merina. Ce sont essentiellement des pêcheurs et des
riziculteurs.
L’origine des Sihanaka serait, d’après Longuefone, des Antesaka, ou
Antemasihanaka, habitant les régions marécageuses des environs de Vangaindrano
(sur la côte Sud-est de l’île) qui auraient émigré dans la région du Lac Alaotra
et donné leur nom à la population actuelle. D’après la tradition orale, les
Sihanaka seraient originaires d’un lieu qui a pour nom Masianaka et situé au Sud
de l’Imerina. C’est sous l’impulsion de leur chef que le clan décida de
s’installer près du Lac Alaotra. Au XVIIe siècle, François Martin alors traitant
à Fénérive participa à une incursion en pays Sihanaka. Cette expédition dont il
fait le récit avait pour but de s’emparer de bœufs en représailles aux razzias
Sihanaka en pays Betsimisaraka. Les tombeaux traditionnels Sihanaka sont
caractérisés par un monticule de terre auprès duquel est érigé un “jiro” ou mat
funéraire fourchu, atteignant une taille conséquente (8 à 10 mètres de hauteur).
Les “fototra” sont des poteaux moins élevés surmontés de crânes de bœufs. Les
“sary” sont des mannequins funéraires en bois ou en “zozoro” (papyrus) censés
représenter le défunt...
Tanala (Ceux qui vivent dans la forêt) Les Tanala peuplent la région forestière située au Sud Est de l’île entre la région côtière fief des Antemoro et les Hautes Terres occupées par les Betsileo. Ce groupe tire de la forêt la quasi-totalité de ses ressources. La chasse, la collecte de plantes et de miel sauvage, mais aussi l’abattage du bois, la traditionnelle culture du riz sur “tavy” (terrains déboisés par le feu) et la culture du café sont les principales occupations de cette population de la forêt …Les Tanala maîtrisent une pharmacopée traditionnelle. Ainsi certains guérisseurs connaissent les vertus de plusieurs centaines d’espèces de plantes. L’habitat Tanala présente encore aujourd’hui le même aspect que celui des siècles derniers. La tradition veut que la disposition des cases soit régie par un ordre précis. Les hauteurs de la colline sont occupées par les cases des anciens tandis que l’habitat des jeunes se trouve plus bas. Une “tranobe” ou maison collective est bâtie généralement au milieu du village et fait office de lieu d’assemblée
Tsimihety (Les non coupés) Situés plus à l’intérieur des terres ils ont une réputation d’indépendance et de force tranquille. A la mort d’un roi Sakalava, ils refusèrent de se couper les cheveux, en signe de deuil et affirmèrent de cette manière leur indépendance. Ils constituent actuellement un peuple d’éleveurs et de riziculteurs et sont largement répandus dans toute la partie Nord-Ouest de l’Ile de MadagascarVezo (Ramer) De Tuléar à Morombe, l’immense barrière de corail longe la côte, sur quelques deux cent cinquante kilomètres. C’est essentiellement sur cette frange côtière que vivent les Vezo. Marins, ils utilisent une pirogue à balancier qui leur permet d’atteindre le récif. Ils vivent en symbiose avec le grand lagon. Les techniques de pêches ainsi que les matériels, sont restés traditionnels même si quelquefois le filet en nylon a remplacé celui composé de fibres de baobab, lesté de coquillages. Le harpon, la pique et le filet sont les principaux instruments de pêche. Une fois les prises ramenées à terre, le poisson est le plus souvent séché au soleil et fumé afin d’être conservé durant des semaines. Il pourra être revendu ou échangé contre du sel, des tissus, du pétrole et autres produits. Nomades, les “Vezo” parcourent la côte ouest durant la saison sèche (près de 4 mois par an) à la recherche de sites plus poissonneux.
Zafimaniry (Enfants de ceux qui désirent) Petit groupe de quelque 20 000 âmes, localisé à l’est d’Ambositra, les Zafimaniry sont considérés comme faisant partie du groupe ethnique Betsileo. Leur habitat est resté très traditionnel, construit en bois et en fibres végétales. Certains villages Zafimaniry témoignent encore aujourd’hui, de ce qu’étaient les villages Merina et Betsileo d’autrefois.