La culture à Madagascar
Panorama Il faut bien reconnaître que les Malgaches ne sont que trop peu attirés par tout ce qui est culturel comme le cinéma, le théâtre, la littérature et les autres activités. La culture qui n'a vraiment jamais été un moteur du développement et qui n'a en aucune façon été encouragée par les divers gouvernements et institutions, se limite à l'histoire passée. Vous ne trouverez pas de grandes manifestations culturelles, hormis dans les Alliances Françaises qui grâce aux efforts de quelques uns proposent des journées culturelles variées (concerts, expo photos, pièces de théâtre). Les Malgaches de par leur habitudes ne sont que très peu ouverts à un monde qu'ils ne connaissent pas, que ce soit géographiquement, historiquement, politiquement ou culturellement. Les niveaux d'études sont extrêmement inférieurs à ce qu'on pourrait attendre d'un pays qui a une si riche histoire et un si riche potentiel avec sa jeunesse. Vous ne verrez que très rarement des livres dans les foyers, ou les Malgaches un livre à la main. Dans ce pays où règne la grande misère il est difficile de se cultiver quand on a pas d'argent pour manger, envoyer ses enfants à l'école et où l'on ne vous a jamais appris la joie et l'utilité de se cultiver.
Cinéma Raymond Rajaonarivelo est le seul réalisateur de cinéma et il n'y a pas de studio. Dans les villes comme Tamatave, Mahajanga, Tuléar, Diego Suarez, Morondava, il n'y a pas de salle de cinéma ouverte. La capitale est dotée de deux salles dont une au C.C.A.C. (Centre Culturel Albert Camus) pour une population atteignant en 2008 les deux millions d'âmes.
Peinture et Sculpture Peu d'artistes peintres malgaches : J. Andrianaivo Ravelona, et Hazavana. Sahondra Rabearivelo, sculpteur qui a exposé surtout en France, Paris, Unesco, Salon d’Automne, etc. Ses sculptures sont édifiées au jardin de Tsimbazaza, au jardin du Fanorona Ampefiloha ou au Centre social de 64 ha.
Littérature La littérature n'a que quelques auteurs. Jacques Rabemananjara(1913- 2005) Clarisse Ratsifandrihamana (1926-1987), Michèle Rakotoson, Jean-Luc V. Raharimananasont les écrivains ou poètes les plus connus et hélas très peu lus. Les bibliothèques sont pratiquement inexistantes. Des efforts sont faits mais il faudra apprendre aux gens et surtout aux jeunes, d'user et d'abuser de la lecture.
Télévision. Elle est de très mauvaise qualité technique; les émissions sont fréquemment interrompues, on saute d'un programme à un clip, on passe du milieu d'un film au milieu d'un autre; bref c'est bien triste.. Quant à la qualité culturelle, que ce soit sur la chaîne nationale ou celles privées, souvent locales (RTM, MBS) elles est plus que médiocre; il est navrant que personne ne veuille construire une télévision qui comble ce manque de culture dont fait preuve Madagascar. Peut être est-ce volontairement que l'on maintient ce peuple dans une sous culture et dans l'ignorance de ce qui se passe ailleurs. Par contre des émissions religieuses que l'on peut qualifier de dangereuses telle que "Apocalipsy" sont presque journalières. Il y à la télévision par satellite "Canal satellite" mais tellement chère, plus qu' un mois de salaire, que seuls les gens aisés y ont accès. Quant aux émissions enfantines elles sont absentes du paysage. Un plus est le peu de pub car très peu de sociétés ont les moyens financiers de paraître. Par contre les sociétés "Tiko" et "Magro" etc. appartenant au président Marc Ravalomalana entrepreneur...... Monsieur le Président: ce n'est pas parce qu'on est pauvre que l'on doit présenter cette médiocrité de programmes et empêcher toute créativité.
Théâtre Il n'y a pas de salle digne de ce nom à Madagascar; les représentations se passent la plupart du temps en plein air.
Musique. Extrait de "Somaiko Somainao" par Eusebe Jaojoby le roi du "Salegy" Il y à de nombreux et bons chanteurs: Régis Gizavo, Fenoamby, Tany Manga, Backom, Jaojoby, Rossy..etc., et aussi de très bons musiciens. La star'ac est même arrivée à Madagascar !!!! A part les tubes français (Céline Dion....etc.) et internationaux (Mariah Carey...etc.), les Malgaches ne sont que très peu ouverts aux musiques du monde...excepté le reggae et ses représentants les plus connus (Bob Marley , Burning Spear...etc.). Par contre ils sont encore très attirés et ce n'est pas pour déplaire par de vieux artistes français, qu'ils connaissent mieux que nos jeunes compatriotes, comme Edith Piaf, Charles Trenet, Charles Aznavour, Georges Brassens et les d'autres. Toutes les chaînes de télévision diffusent très souvent pour combler leur manque de moyens, de nombreux clips d'artistes malgaches; clips fabriqués avec des moyens plus que rudimentaires, souvent tournés avec de simples caméscopes. La profusion n'est pas synonyme de qualité. En effet peu d'artistes s'exportent vers la Réunion en premier lieu et en second vers la France. Faute d'argent et d'aide de l'état qui n'a pas de politique d'aide aux artistes ils ne peuvent pas venir en métropole pour apprendre et rencontrer les producteurs. On imagine facilement qu'au niveau international c'est du domaine de l'impossible. Ceux qui arrivent à se produire en France ou même certains pays européens le sont comme invités dans les concerts d'été. Les concerts qui ont lieu à travers Madagascar sont peu nombreux car la situation climatique n'est guère favorable de mi-novembre à mi-avril dans tout le pays, et les trajets tellement laborieux à cause de l'état des routes que les artistes qui ont en plus de faibles moyens matériels et financiers ne se déplacent guère. Si vous voulez les rencontrer ils sont bien souvent à Tananarive, au glacier. Dans les rues vous trouverez tous les Cd, Dvd, Cdrom de tous formats et souvent de piètre qualité, de tous ces artistes et d'autres artistes internationaux; attention tout cela est bien illégal et vous prendrez des risques à la douane à votre retour..
Panorama de la culture traditionnelle malgache
Le kabar Une place particulière dans la vie des malgaches. Il n'y a pas un événement important (mariage, funérailles, retournement des morts, réunions politiques) qui ne soit précédé d'un ou de plusieurs kabary, véritables joutes oratoires entre différents intervenants. Les plus importants sont ceux prononcés par les monarques et ceux des demandes en mariage qui peuvent durer des heures. Les kabary sont nés avant l'arrivée de l'écriture à Madagascar, d'où l'importance du lovantsofina (tradition orale) dans sa transmission. Il est utilisé pour expliquer, pour persuader et pour condenser des idées. Pour permettre leur mémorisation, le mpikabary (orateur) fait appel à des expressions ou citations qui ne se confondent pas avec le langage commun mais restent toutefois assez accessibles. La qualité d'un discours se juge par la pertinence et la quantité des expressions choisies par l'orateur et c'est généralement au cours du rituel de purification, le fialan-tsiny, qu'il doit faire preuve de son habileté. Il doit se montrer à la fois enjoué, ironique et plein d'humour afin d'emporter l'adhésion de son auditoire. Ces expressions verbales sont généralement les proverbes, les adages, les dictons. Le Malgache ne faisant pas la distinction, toutes ces expressions entrent dans la catégorie des ohabolana ou proverbes. Quelques orateurs expérimentés font parfois appel aux hain-teny (science de la parole, art du dialogue poétique) dans les kabary de demande en mariage. Art de l'éloquence par excellence, sa pratique était jusqu'ici réservée aux hommes. Aujourd'hui, de plus en plus de femmes et de jeunes se passionnent pour le kabary…."
Les hira gasy
(chansons traditionnelles) "Le Sasitehaka: est un prélude d'environ 10mn, au son des tambours, et des battements de mains à l'entrée des chanteurs; le kabary: c'est le discours annonçant le début du spectacle, invitant les dames à prendre place sur la scène et introduisant le thème. Le discours dure 15mn; le Renihira est le chant principal qui développe le thème du spectacle (amour, délinquance juvénile, vie en société); le Dihy: c'est la danse. Pendant que les danseurs se déploient sur la scène, le reste de la troupe s'accroupit sur l'herbe. La danse dure 20mn et est suivie du discours final; le Zanakira est un spectacle de 15mn avant que la troupe ne quitte la scène. Nés sur les hautes terres, les " hira gasy " ou chants folkloriques se sont développés au temps du roi Andrianampoinimerina. Lors des grands travaux d'irrigation, le roi offrait un spectacle royal animé essentiellement par les chanteurs ou "Mpihira gasy", appelés à l'époque " mpihiran'Andriana " (chanteurs du Roi). Ces "Mpihira gasy", généralement originaires d'un même village, étaient des artistes célèbres mais démunis. Ils étaient alors mal vus par les colonisateurs et l'église à cause de leurs chants patriotiques. Les spectacles de " hira gasy " attirent des foules immenses et animent les grands événements de la communauté tels la Fête nationale, les cérémonies de retournement des morts, la fête de la moisson. Les textes des " hira gasy " racontent la vie quotidienne et contiennent toujours des messages et de sages enseignements. Les chants sont plutôt humoristiques, parfois même comiques, et sont accompagnés par les instruments de musique tels que le lokanga (instrument à corde en bambou), les instruments à vent - trompettes, flûtes, saxophones-, l'accordéon, les tambours variés.Le sambatra Le Sambatra (circoncision groupée) est une cérémonie rituelle célébrée en hiver, de juillet à septembre selon la tradition mais aussi pour des raisons d'hygiène. Il demeure une fête importante dans les régions rurales, en particulier dans le Sud-est de Madagascar, où il est célébré durant un mois tous les sept ans. Tous les enfants non circoncis, pendant les sept dernières années, sont réunis et amenés auprès du "Rain-jaza" (guérisseur traditionnel). Le premier Vendredi de la pleine lune. Aidés par la famille et les amis, les parents commencent à construire le "lapa" (hutte aménagée pour la circonstance). Plusieurs jours durant, des chansons traditionnelles sont chantées et la population se livre à des danses frénétiques accompagnées d'instruments tels que l'accordéon, le "valiha" et les tambours. Des jeux et des compétitions sportives sont organisés. Le jour "J", tôt le matin, au premier chant du coq, les jeunes gens "velondray aman-dreny" (non orphelins de père et de mère) vont aller chercher le "rano mahery" (eau sacrée) à la source sacrée. Au retour, des attaques sont simulées comme pour les empêcher de ramener l'eau sacrée dans le lapa. Si par malheur, le récipient tombe, ils seront ainsi obligés de retourner à la source. Ils doivent alors faire preuve de ruse pour pouvoir accomplir leur mission. L'eau sacrée est accueillie au lapa par les familles qui clament en chœur "Zanaboromahery , manatody vato". Alors le Rain-jaza commence son travail de circoncision en suivant scrupuleusement un rituel. Les chants et les cris des femmes masquent les pleurs et les gémissements des enfants circoncis. La circoncision terminée, les pères ou les grand-pères avalent les prépuces de leurs enfants circoncis enveloppés dans une banane ou un blanc d'œuf. La cérémonie se termine toujours par un grand festin accompagné de boissons fortes.
Le famadihanaou Partout à Madagascar l'hommage aux ancêtres est fervent. Au cœur des Hautes Terres, une cérémonie dont l'origine se situe au-delà de la mémoire des hommes se perpétue depuis les temps les plus anciens : "le famadihana". Chaque année, de début juin à fin septembre, de village en village, les tombeaux sont ouverts et les vivants font danser leurs morts lors de grandes fêtes. Improprement appelé retournement des morts, "le famadihana" d'un ancêtre est organisé au minimum tous les cinq ans. La décision qui détermine l'organisation de cette cérémonie est souvent liée au surnaturel ; lors d'un rêve, par exemple, un parent défunt peut dire à l'un de ses descendants qu'il a froid. Un famadihana coûte cher (il faut offrir durant trois jours des festins à tous les parents, aux habitants du village, aux invités - plusieurs centaines de personnes -, faire venir des troupes de Mpihira gasy et de vako-drazana (compagnie de musiciens). Tous les membres de la famille qui le peuvent se cotisent. D'autres problèmes moins prosaïques relèvent de l'invisible : seuls les astrologues liés à la famille sont habilités à déterminer le jour et l'heure les plus propices à l'ouverture du tombeau. Après exécution d'un fomba (cérémonie lors de laquelle l'avis des ancêtres est demandé, après partage de rhum entre les vivants et les morts; on en verse un peu sur le sol à cette fin), les astrologues fixent le jour et l'heure du début et de la fin des fêtes de famadihana. Le jour convenu, les tombeaux sont ouverts, les ancêtres sont enroulés dans des nattes neuves (que les femmes se partageront après la cérémonie, elles ont un pouvoir de fécondité). Les hommes les sortent du tombeau. Aussitôt, la foule des parents et amis s'empare des corps et les emporte dans une danse très rapide. La danse cesse. Les corps sont posés sur le sol et entourés par les membres de la proche famille. Les parents offrent à chaque ancêtre un suaire neuf. On glisse dans les linceuls une bouteille de rhum, une photo, des billets de banque. Ce sont les cadeaux des vivants à leurs morts. Rires et larmes, joie et tristesse se mêlent. Moment de recueillement : des mains se posent et exercent de légères pressions sur les corps emmaillotés de lambamena neufs. On touche les ancêtres, pour leur "faire un câlin", ou leur demander aide ou conseil en une secrète prière. Soudain, chaque groupe se redresse, les corps sont brandis à bout de bras par des dizaines de personnes, puis sont jetés en l'air, secoués, emportés dans une farandole effrénée. Les danseurs font plusieurs fois le tour du tombeau puis les ancêtres rentrent pour cinq nouvelles années de solitude dans la demeure éternelle. La journée est ponctuée de spectacles de hira gasy. Elle s'achève encore une fois par un festin et une fête où les villageois dansent toute la nuit autour des orchestres "vako-drazana".
L'art funéraire dans le grand sud Dans le Grand Sud Malgache, parfois, épineux, ou tout simplement au bord des routes, une construction isolée s'élève. Seules apparaissent d'abord des hampes ou des planches de bois, creusées de figures géométriques et surmontées de petites sculptures représentant un animal, un couple, un militaire en képi ou… un avion. Elles se dressent sur une amas rectangulaire de pierres dont la hauteur atteint parfois 1 mètre et qui sont couvertes de crânes et de cornes de bœuf. Il s'agit de l'un des fameux tombeaux Mahafaly dont les voyageurs sans scrupules ont souvent emporté les bois sculptés appelé aloalo pour en garnir quelque musée personnel. Les bucranes proviennent des bœufs du défunt dont le troupeau entier a été abattu lors de sa mort, pour nourrir les invités et pour l'accompagner dans l'au-delà. En effet, on croit ici que la vie sur terre n'est qu'un bref passage : la vraie vie est celle des morts qui doivent se présenter avec tout ce qu'ils ont acquis durant leur vie terrestre, devant leurs nouveaux pairs, les ancêtres et devant le Zanahary (le créateur). Cette croyance explique l'art et l'amour avec lequel les tombeaux, demeures définitives, sont construits. Le pays Mahafaly lui-même est du reste un des creusets de la culture ancestrale malgache".
Les Fady,
les tabous
Ne pas respecter un fady équivaut à se rendre
coupable envers les ancêtres. De nombreux "fady" existent en fonction de
chaque personne selon son sexe, son appartenance familiale ou
communautaire. Les "fady" peuvent exister sous différentes formes
et il est nécessaire de demander aux chefs de village quels sont les
"fady" du coin. Arbre sacré, lacs, lieux interdits etc.
Haut de page
Tiré de Madagascar "L'Ile Mère " disponible pour lecture à l'Ambassade